Texte du lancement

 

Les Messagers Do est d’abord une histoire d’interdépendance. M. Mousse, interrogateur de sirènes et M. Embituss, souteneur de sons ne savent pas qu’ils sont liés. M. Embituss soutient les sons mélodieux entre autres les chants que des sirènes envoient à M. Mousse. Quand Embituss meurt, Mousse ne reçoit donc plus les appels à l’aide des sirènes, et meurt à son tour, troublé. «Comment cela serait-il possible? Pourquoi aucun avertissement? Elles ne seraient pas partie sans me faire un signe, sans me faire parvenir un dernier chant d’adieu?, désespère Mousse.» L’Humanité n’a-t-elle pas eu suffisamment d’avertissements? Quel est donc ce dernier chant d’adieu que nous attendons? Siffle-t-il dans nos oreilles sans que nous ne l’entendions?

 

Les Messagers Do est aussi une histoire de différence. M. Mousse et M. Embituss sont si singuliers que M. Ho, interviewer d’une émission communautaire très populaire, ne les croit pas. Ils mentent nécessairement puisque lui, Ho, n’entend pas les chants de sirènes de Mousse. Ils mentent nécessairement puisque porter des sons jusqu’à leur destin est quelque chose d’impossible. M. Ho n’est-il pas en ce sens le digne représentant d’un monde sans créativité sans imaginaire sans beauté? «J’ai décidé de livrer la beauté, dit Embituss, je dois risquer le pénible.» Peur du risque?

 

Un mot maintenant sur le silence. Le livre s’ouvre sur une tempête de silence. Que nous dit-elle? Pourquoi la croit-on rattachée à la mort de Mousse et d’Embituss? Serait-ce qu’ils sont, malgré eux, les derniers représentants d’une humanité disparue  Embituss mort, aucun son mélodieux ne peut se rendre à destination. Mousse mort, aucun sauvetage, aucune vérité. Reste le silence et les catastrophes.

 

Ces Messagers Do, porteurs d’essentiel et chercheurs de vérité, semblent rares. Au fait, sont-ils rares ou sont-ils plutôt discrets? Nous sommes tous Messagers, mais en sommes-nous conscients? Sommes-nous conscients de cette force incommensurable qui nous habite? «Il faudra plusieurs bienfaiteurs pour arracher les autres de l’abîme, affirme Embituss, rempli d’espoir. Des teneurs de mains à l’infini pour soulever les ardeurs enfouies. Des mains qui ne peuvent se tapir éternellement.

 

Dure de lire tout cela, diront plusieurs. Avec raison. Plus difficile de le vivre, diront d’autres. À nous de jauger l’espoir. À nous de soutenir les messages d’humanité, mieux de nous faire Messagers pour ne plus que les Mousses et Embituss de ce Monde soient seuls. «Le cas échéant, conclue le livre, nous serons les derniers à mourir en silence.»

 


Extrait de 40 pages de ce roman-théâtre dans Extraits et textes lauréats

 

Lancement des Messagers Do à la Bibliothèque municipale de L'Épiphanie en 2007
Lancement des Messagers Do à la Bibliothèque municipale de L'Épiphanie en 2007